Les cabinets de recrutement reconnaissent de plus en plus qu’ils reçoivent des candidats munis de faux diplômes. Les CV sont trompeurs ou inexacts. Avec la prolifération des diplômes ou des certificats en ligne des écoles et universités privées, il est facile d’avoir un diplôme dont les sources sont floues. Il y a 50 ans le gouvernement détient le monopole des diplômes. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Mieux, certains internautes aujourd’hui vont jusqu’à contacter des fournisseurs de faux diplômes et certificats en ligne. Un service qui est délivré en moins de 72 heures à un prix modique. Face à la montée de ce danger, les recruteurs prennent des dispositions conséquentes dont l’une est la vérification des diplômes.

Diplôme unique en voie de disparition

Sur plusieurs siècles, les diplômes gardaient toutes leurs importances tout au long de la vie du détenteur. Le contexte a bien changé. Compte tenu des compétences multiples demandées par l’exécution de certaines tâches dans l’entreprise, les recruteurs ont commencé à rechercher de personnes polyvalentes, au savoir-faire multiples. Pour répondre à ces exigences, les organismes de formations se sont mis à proposer aux demandeurs divers diplômes et certificats pour répondre aux attentes des cabinets de recrutement.

La prolifération des diplômes et certificats

Un diplôme est un ensemble ou blocs de compétences acquises par une personne. Ces compétences peuvent être agencées pour mériter un titre auprès du Registre National des Certifications Professionnelles (RNCP). Une personne désireuse d’avancer dans sa carrière peut acquérir ces blocs de compétences par le biais des canaux divers comme le MOOC ou les cours en ligne etc… C’est ainsi que des personnes se voient octroyer des Diplômes, des Titres et des certificats de Qualification Professionnelle (CQP).

En France, en dehors de RNCP, les Titres sont décernés par les CCI, les organismes de formation et certains ministères. Alors que l’Etat est majoritairement celui qui délivre les diplômes, les certificats sont créés par certains secteurs de l’entreprise ayant des expertises pour des métiers spécifiques.

Ainsi avec une demande sans cesse croissante des connaissances acquises et précises, on assiste à l’inflation des diplômes et les certificats.

Le besoin de vérification des diplômes

Face à l’apparition de toutes sortes de diplômes et de certificats, il est né un souci de la vérification de l’existence et de la validité des compétences acquises certifiées.

Deux études entre autres majeures ont validé cette hypothèse. L’étude de Florian Mantione Institut en 2018 et celle de Robert Half-France. L’étude de L’Institut de Florian Mantione sur les CV trompeurs a révélé que les diplômes détenus par les candidats sont souvent différents de ceux figurant sur le CV. L’étude de Robert Half-France rapporte que les recruteurs ont déjà éliminé des profils de candidats après la détection des informations fausses ou exagérées dans leur CV.

A tout ceci viennent s’ajouter les faux diplômes obtenus par la recherche du mot-clé « faire un faux diplôme ». Cette seule requête en France retourne dans le navigateur de Google 1 000 à 10 000 recherches par mois.

La situation est donc grave. Il faut enlever l’ivraie.

L’obligation de vérifier les diplômes selon les normes

L’employeur est tenu de vérifier les diplômes. C’est à ses risques et périls s’il ne le fait pas. La vérification permet au recruteur de valider l’adéquation entre les compétences recherchées et les savoir-faire et savoir-être du candidat. Une certification fait d’un candidat qu’il, un homme en mesure d’exercer plusieurs activités professionnelles précises aux fins d’atteindre des objectifs attendus par le recruteur. Mieux, ses qualifications démontrent son niveau de responsabilité et d’exigences requises pour le poste et son importance au cœur de l’entreprise.

La présentation d’un diplôme par un candidat ou ses déclarations ne suffisent pas pour donner du crédit à celui-ci. Cependant le recruteur n’a pas le droit de procéder à n’importe comment à cette vérification. En effet, celle-ci est réglementée par des dispositions qui relèvent, à la fois, du droit de travail et de la réglementation sur la protection des données personnelles (RGPD).

Le droit de travail

Il fait référence à trois articles principaux pour encadrer la vérification. Les articles suivants sont indexés :

Code du travail, Art. L. 1 221-6

« Les informations demandées, sous quelque forme que ce soit, au candidat à un emploi ne peuvent avoir comme finalité que d’apprécier sa capacité à occuper l’emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles. Ces informations doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé ou avec l’évaluation des aptitudes professionnelles. »

Code du travail, Art. L. 1 221-8

« Le candidat à un emploi est expressément informé, préalablement à leur mise en œuvre, des méthodes et techniques d’aide au recrutement utilisées à son égard. Les résultats obtenus sont confidentiels. Les méthodes et techniques d’aide au recrutement ou d’évaluation des candidats à un emploi doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie. »

Code du travail, Art. L. 1 221-9

« Aucune information concernant personnellement un candidat à un emploi ne peut être collectée par un dispositif qui n’a pas été porté préalablement à sa connaissance. »

Réglementation sur la protection des données personnelles : RGPD

Le contenu principal de RGPD demande que les données personnelles soient protégées. C’est-à-dire que l’accès d’une tierce personne à ces données ne soit pas préjudiciable à l’individu concerné.

Vérification des diplômes

La variété de diplômes et certificats devient inquiétante. En France comme à l’étranger, les candidats présentent l’original de leurs diplômes. Mais cela est insuffisant car les techniques de falsifications utilisées par les fraudeurs sont très avancées. Il faut donc contacter les supposés organismes ayant délivré ces diplômes et certificats. Mais bien avant, le recruteur doit obtenir l’accord explicite du candidat et informer ce dernier des processus de vérifications qui seront mis en œuvre.

L’étape d’obtention des données auprès des candidats est décisive. Ceux-ci doivent fournir des informations très précises pour la vérification de leurs diplômes et certificats. Il s’agit principalement de :

  • nom, Prénom et date de naissance
  • intitulé de la formation avec sa spécialisation, si nécessaire
  • lieu de la formation
  • date de début et date fin de formation/année de promotion
  • grade ou mention
  • intitulé de l’organisme délivrant le diplôme ou le certificat

Une fois ces informations dans les mains du recruteur, ce dernier peut procéder à la vérification auprès des organismes ayant délivré ces diplômes ou certificats.

Il faut noter que les vérifications auprès des organismes sont très contraignantes et complexes selon les organismes et les pays. Cependant, lorsque les vérifications en viennent à être faites, elles apportent un gain considérable à la fois au candidat et à l’organisme ayant délivré les diplômes et les certificats.

La transparence exige que le recruteur communique au candidat les résultats de la vérification.

Externaliser la vérification pour être performant

Les avantages à externaliser le processus de vérifications sont de trois ordres.

Dans un premier temps, procéder à la vérification par un tiers garantit une conformité réglementaire et donne accès à des compétences et des outils sophistiqués pour gérer selon les normes tous les contours. Il s’agit notamment de la confidentialité des données, le recueil du consentement des candidats et tous les flux d’informations avec toutes les parties entrant en jeu pour la vérification.

Ensuite la vérification peut faire perdre du temps au recruteur compte tenu des protocoles complexes des organismes de diplômes et certificats. Externaliser la vérification peut assurer la neutralité des décisions des recruteurs et les rendre plus objectifs dans le traitement de chaque dossier de candidat. L’avis d’un tiers vérificateur pèse et donne confiance quant à la prise définitive de décision. Une personne extérieure apporte du recul dans l’appréciation et est sans parti pris.

Enfin, lorsque le recruteur confie la vérification, il peut se dédier efficacement à son propre rôle qui est d’être compétitif sur le marché de recrutement.

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